Vérifié le 12 septembre 2026
Facture électronique au Maroc : où en est l’obligation ?
L’article 145-IX du Code général des impôts oblige les contribuables à se doter d’un « système informatique de facturation qui répond aux critères techniques déterminés par l’administration ». Le Code n’emploie pas l’expression « facturation électronique » : elle ne figure nulle part dans ses articles. Cette obligation a été introduite par la loi de finances 2018 et attend son texte d’application depuis. Aucun décret n’était publié au Bulletin officiel à la date de vérification, et aucun article du Code ne prévoit de sanction attachée à ce paragraphe.
- Décret d’application au Bulletin officiel
- non publié à la date de vérification
- Calendrier d’entrée en vigueur
- non publié à la date de vérification
Publié au Bulletin officiel
PubliéCe qu’un texte publié établit. C’est la seule colonne qui engage.
Le principe de la facturation électronique
L’article 145-IX du Code général des impôts pose l’obligation et renvoie ses modalités (dates, seuils, format) à un texte d’application.
Source : Code général des impôts, article 145-IX.
Les mentions obligatoires d’une facture
Identité et identifiants du vendeur (IF, ICE, RC, patente), numérotation continue, date, désignation, montants HT, TVA et TTC : elles s’appliquent déjà, facture électronique ou non.
Source : Code général des impôts, article 145.
La comptabilité sous format électronique, elle, est obligatoire depuis le 1er janvier 2026
C’est l’obligation qui a réellement changé cette année, et ce n’est pas la facturation électronique. La loi de finances 2026 a supprimé le renvoi au texte réglementaire qui n’avait jamais été pris : l’article 145-I s’applique désormais sans condition. La sanction existait déjà — 50 000 DH par exercice pour le contribuable qui tient une comptabilité par procédé électronique et ne peut pas produire ses documents sur support électronique lors d’un contrôle.
Source : Code général des impôts, articles 145-I et 191 bis ; loi de finances n° 50-25 ; note circulaire n° 737 de la DGI.
Les auto-entrepreneurs et la CPU sont hors du champ de l’article 145
L’article 145-XI écarte l’ensemble de l’article 145, sauf son paragraphe X, pour les personnes physiques relevant de la contribution professionnelle unique et du régime de l’auto-entrepreneur. Ni le système informatique de facturation du IX, ni la comptabilité électronique du I ne leur sont opposables.
Source : Code général des impôts, article 145-XI.
Annoncé par la DGI
AnnoncéCe que l’administration a dit publiquement, sans texte publié au Bulletin officiel à ce jour.
Un déploiement progressif, grandes entreprises en premier
La DGI a annoncé une généralisation par étapes, en commençant par les grandes entreprises. Aucune date d’entrée en vigueur ni seuil de chiffre d’affaires n’étaient publiés à la date de vérification.
Source : Communications publiques de la DGI.
Un modèle de validation préalable, où la DGI fait le « coursier »
Le directeur général des impôts a décrit un circuit où la facture, signée, transite par la plateforme de l’administration, y est validée, puis est transmise au client avec un accusé de réception. Ses mots : « Nous serons, en quelque sorte, le coursier entre le fournisseur et son client. » Des prestataires certifiés pourraient relayer ce rôle plus tard ; au lancement, la DGI l’assurerait seule.
Source : Younès Idrissi Kaitouni, directeur général des impôts, entretiens des 16 et 18 avril 2026.
Le format UBL, sans version ni schéma
Le directeur général des impôts a dit « le format de la facture, ce sera de l’UBL ». Aucun schéma XSD, aucun numéro de version, aucune règle de validation n’ont été publiés : le « UBL 2.1 » qui circule ne vient d’aucune source officielle.
Source : Younès Idrissi Kaitouni, entretien du 16 avril 2026.
Le B2B d’abord, le B2C écarté à ce stade
La première phase ne concernerait que les échanges entre entreprises. Le B2C « n’est pas prévu à ce stade » selon le directeur général des impôts, qui n’exclut pas d’y venir ensuite.
Source : Younès Idrissi Kaitouni, entretien du 18 avril 2026.
Ce qui circule sans source
Sans sourceCe que l’on lit ici et là, sans texte ni annonce à l’appui. Safyr ne le reprend pas.
Des dates fermes d’entrée en vigueur (janvier 2026, juillet 2026, PME en 2027…)
Elles circulent en ligne sans texte à l’appui. Aucune n’était publiée à la date de vérification : Safyr n’en affiche aucune comme acquise.
Source : non publié à la date de vérification.
Une certification ou un agrément des logiciels de facturation
Aucun dispositif de certification n’était publié à la date de vérification. Aucun logiciel, Safyr compris, ne peut donc se dire « conforme DGI », « certifié » ou « agréé » ; Safyr écrit « en règle » ou « contrôlé à la saisie », et dit lesquelles des mentions de l’article 145 il contrôle.
Source : non publié à la date de vérification.
Une réforme neuve, qui arriverait pour la première fois
Elle a déjà été tentée. En janvier 2019, le chef du gouvernement a annoncé la suspension des mesures de facturation électronique après des grèves de commerçants ; elles n’étaient jamais entrées en vigueur, faute de textes d’application. Ce précédent est rarement rappelé.
Source : non publié à la date de vérification.
Une amende de 500 DH par facture, plafonnée à 50 000 DH
Ce chiffre circule sur des sites d’éditeurs. Aucun article du Code général des impôts ne renvoie au paragraphe IX de l’article 145 : il n’existe aujourd’hui aucune sanction attachée à cette obligation. Ne pas confondre avec les 50 000 DH par exercice de l’article 191 bis, qui sanctionnent la comptabilité électronique et sont, eux, bien en vigueur.
Source : non publié à la date de vérification.
Une transmission automatique déjà possible depuis un logiciel
Aucune interface de dépôt n’était publiée à la date de vérification. Dans Safyr, le dépôt DGI est une simulation, nommée comme telle à l’écran : les déclarations se déposent à la main sur le portail Simpl-TVA.
Source : non publié à la date de vérification.
Et l’annuaire ICE ?
Le vérificateur ICE de Safyr contrôle la structure du numéro (15 chiffres, clé modulo 97) puis interroge un registre tiers, icemaroc.com. Ce registre n’engage pas l’État : seule l’attestation d’inscription téléchargée sur ice.gov.ma est opposable.
Source du registre : icemaroc.com (tiers).